les abeilles découvrent l'extension.

Les Abeilles – Épisode 2 – « Ça déborde ! »

En trois semaines, la colonie s’est bien installée : la ruche en paille est complètement remplie de rayons. Ils sont faits d’une cire vierge, blanche et très fine. On les aperçoit à peine car ils sont toujours couverts d’abeilles au travail, que je n’ose déranger.

Elles ont tout bâti à partir de rien : ni cadres, ni feuilles de cire gaufrée ; seulement un croisillon de bois dans une cloche en paille. Elles savent donc encore le faire !

Les abeilles ne se contentent pas de bâtir les rayons : elles les remplissent aussi de miel et de pollen. Le changement de poids de l’ensemble en témoigne : je tenais la ruche vide au bout d’un bras. Juste l’incliner me demande maintenant un effort important.

Avec ce modèle de ruche, sans cadres, on ne peut pas observer ce qui se passe dans les rayons : avancée des récoltes, élevage du couvain, cellules royales…
Un coup d’œil par en dessous donne seulement une idée du développement global de la colonie.

Mais par l’observation de la planche d’envol, on peut en apprendre bien plus, sans même toucher à la ruche. Fréquence des allers et venues, quantité de pollen ramenée, nombre et comportement des gardiennes, vol d’essai des jeunes ouvrières… Avec l’expérience et la connaissance  (qui me manquent toutes deux pour le moment), on peut décrypter tous ces signes et se faire une idée plus précise de ce qui se vit à l’intérieur.

Il me tarde de mieux comprendre ce ballet incessant.
Alors j’observe : un peu chaque jour, parfois une heure…
Et je lis aussi : les livres des copains apiculteurs et ceux de la bibliothèque. Il y a beaucoup de livres sur l’apiculture mais beaucoup moins sur la vie sauvage des abeilles. Il semblerait que l’Homo Occidentalis étudie souvent la nature… en laboratoire !

 » Observation, lecture et philosophie… C’est bien gentil, mais nous, on voudrait plus d’espace !  » semblent me dire les abeilles. En tout cas, c’est ce qui me vient quand je vois les rayons qui descendent et affleurent la planche.

Alors je me lance dans la fabrication d’une autre cloche en paille qui viendra se juxtaposer à la première. Pas le temps de procéder comme cet hiver : le toron de paille spiralé et cousu, c’est super mais c’est long, très long (un truc d’hiver, quoi).
Je pense donc à la vannerie d’osier sur montants, beaucoup plus rapide. Je commence la structure rayonnante et je réalise que j’ai peu d’osier pour la garnir.
J’improvise donc une technique mixte : un toron de paille enroulé sur des montants de noisetier. En le faisant, je me rend compte que j’ai déjà vu ça quelque part : certains paniers à linge sont faits à peu près comme ça !

Ça monte beaucoup plus vite que le toron cousu mais c’est aussi beaucoup plus rustique ! Le plus délicat est de tasser suffisamment pour éviter les jours. Au pire, je ferais un petit enduit en bouse de vache (subtil mélange de micro-fibres et de liant hydrofuge) comme on le fait sur les ruches en osier.
(à suivre)

2 réflexions au sujet de « Les Abeilles – Épisode 2 – « Ça déborde ! » »

  1. Merci de vos explications sur ces ruches, je veux me lancer bientot en permaculture-apiculture, et je m’intéresse beaucoup à ces ruches ! comment peux ton regarder par en dessous ? en la soulevant ? je viendrais sans doute faire une visite dans cet éco-centre qui m’as l’air intéressant !

    1. Bonjour Thibaud,
      Merci pour ton message. Tu peux effectivement basculer légèrement la ruche pour regarder à l’intérieur. C’est plus difficile lorsque la ruche est bien pleine, elle est plus lourde et les côtés sont collés avec le plancher par la propolis.
      En même temps le choix que Gurun a fait est d’être très peu intrusif, il essaie d’observer surtout la planche d’envol pour voir comment la ruche se comporte.
      Au plaisir.
      Vincent pour « par Nature »

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